Fers des hommes | Monnaies, armes, recades et fers cultuels d'Afrique
Collection Alin Avila et Fumihiko Harada
et à divers amateurs
Si les chefs d’œuvres font rêver aux moyens que l’on n'a pas, le regard ne saurait attendre que les poches soient pleines pour s’émerveiller. Aussi, nous avons voulu voir l’Afrique côté fer.
La culture du fer remonte par la Nubie au temps de l’Egypte ancienne, savoir lié à la transhumance, des sources du Nil jusqu’aux au-delàs du lac Victoria, elle envahit ensuite le berceau central du continent. L’âme de l’Afrique est métallurgique, son cœur est au diapason de celui des forgerons au statut particulier. Il détient le pouvoir de transmission, homme des forces premières – le minerai qui vient de la terre et le feu qu’offrent les dieux - quant à son savoir, il se perd dans la chaîne de ses ancêtres.
Ce que fait l'homme du feu permet de se nourrir comme il peut porter la mort. Et qui peux douter que ces objets ne soient pas animés tant ils semblent avoir la force de réveiller les esprits.
Sont-ils des armes, des outils, des bijoux, des insignes de parades ? Tout cela. Mais pour autant que leurs usages soient difficiles a comprendre, saisir leur beauté n’est pas le fait d’un malentendu.
Signes majestueux, ils semblent frères de quelques réflexions des artistes contemporains, et c’est certainement parce que le forgeron et l’artiste partagent une même quête d’essentiel.
Fers aux formes étranges ou fatales et qui fascinent, elles demeurent inclassables.
Pour nombre d’entres elles, on prétend que se seraient des "monnaies", en tout cas des objets d’échanges qui constitue les dots, et qui se rangent comme des butins.
Cette esthétisation symbolique de la valeur leur conférant encore plus de mystère, enfin voilà du "Bel argent" pourrait-on dire.
Cette vente est organisée comme pour faire échos à la splendide exposition qui s'est tenue au musée du Quai Branly "Frapper le fer – L'art des forgerons africains" du 19 novembre 2019 au 29 mars 2020.